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Jeudi 16 Mars 2006
Décès de Mohand Ou Idir Aït Amrane
lundi 1er novembre 2004
 
 
Mohand Ou Idir Aït Amrane, le géniteur de 'Kker a mmis umazigh' s’est éteint samedi dernier à minuit, à la veille de la commémoration du cinquantenaire du début de la guerre d’indépendance. Il était hospitalisé à Oran des suites d’une longue maladie qui l’a obligé à un alitement durant des semaines. Liant fortement son destin à celui de l’Algérie, Mohand Ouidir Aït Amrane, militant de la cause nationale l’a payé par un emprisonnement de plusieurs années dans les geôles du colonialisme.

Nommé président du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), créé en 1995 sous la pression de la rue suite à la « grève du cartable », Idir Aït Amrane était un militant nationaliste de première heure du mouvement national, avant d’être nommé à la tête de cette institution placée sous la tutelle de la présidence de la République, chargée de la réhabilitation et de la promotion de la langue amazighe. Poésie de combat identitaire

Tout est dit dans le premier jet de ses strophes, écrit le 23 janvier 1945. Il est l’un des premiers chants nationalistes amazigh écrit quand il était lycéen à Ben Aknoun (Alger). Il fut le poète qui exprima les espérances en des chants patriotiques : la berbérité, les ancêtres, la paternité, le combat, le réveil, l’identité... Des valeurs, des mots d’ordres étouffés, pendant les longues nuits de colonisation. Aujourd’hui, les peuples épris de liberté, à l’exemple des africains du nord, peuple de Tamazgha, les Berbères continuent avec convictions, engagement à hisser l’étendard sous des balles assassines.

Parcours d’un militant Berbère

Mohand Idi Aït Amrane est né le 22 mars 1924 à Tikidount (Ouacifs), en Kabylie. Il a fréquenté une école primaire à Sougueur (Tiaret), puis à Mascara. Il a commencé à militer durant les années 40 pour la langue et la culture tamazight. Il a écrit Â?’Ekker a mmis oumazigh’’ (Debout fils d’Amazigh) en1945, alors qu’il étudiait encore au lycée de Ben Aknoun à Alger. Il faisait partie du fameux « groupe du lycée de Ben Aknoun » avec Hocine Aït Ahmed, Saïd Chibane, Amar Ould Hamouda, Omar Oussedik et Ouali Benaï. Cet hymne, dédié à la cause qu’il défendait depuis son plus jeune âge, a bercé des générations de militants de tamazight. Militant du PPA, il fut emprisonné, et libéré qu’après le débarquement allié. Elu en septembre 1962 député à l’Assemblée constituante, puis préfet (wali) de Chlef entre autres fonctions. Il est auteur de plusieurs ouvrages et traductions, dont les Mémoires de Ben Aknoun, Inachiden umanugh (chants patriotiques), Tajarumt n’tmazight (grammaire berbère). Il n’a manqué aucun rendez-vous de l’histoire de la revendication Berbère, notamment l’ouverture Â?’démocratique’’ du pays, dont l’une des conséquences a été la reconnaissance à petits pas, avec la grogne de la rue, par le pouvoir politique de la dimension amazighe de la société algérienne.

Haut-commissariat à l’Amazighité

Ouidir avait un grand penchant nationaliste, mais il est tout aussi sensible à la revendication identitaire amazighe. Son nom sera actionné sur le devant de la scène, particulièrement en 1995. En Kabylie, tous les élèves faisaient, alors, la grève pendant l’année scolaire 1994-95. Des milliers d’enfants et d’étudiants en Kabylie avaient déserté les écoles. Deux importants acquis furent alors « arrachés » : l’enseignement du berbère dans les régions berbérophones et la création d’un Haut-Commissariat à l’amazighité rattaché à la présidence de la République. Mais il a fallu sept ans après la création du HCA pour que le berbère soit reconnu comme langue nationale. La création du HCA a été bien accueillie par beaucoup de militants de la cause berbère pour qui « cet acquis n’était pas rien comparé au désert institutionnel qui entourait la culture berbère. »

Enseignement de Tamazight

L’enseignement et la formation pour les enseignants ont lieu depuis au moins une fois par an, et des colloques abordant des questions liées à la langue, à l’histoire et à la culture berbères sont organisés par cette institution. Des acquis arrachés après une longue lutte menée par le Mouvement culturel berbère (MCB), né des manifestations du Printemps 1980. Un mouvement qui s’était imposé comme une donnée incontournable sur la scène politique. Ainsi que des centaines de collectifs amazighs agissent pour promouvoir la culture Berbère. Dis : "le pacte que (tu) nous a laissé, Jamais nous ne l’oublierons"

NB : Les obsèques auront lieu dans le domicile du décédé Mohand Ouidir Aït Amrane à Tiaret .

Nacer Boudjou, journaliste

publié par Hassane AMRANE dans: Culture
Jeudi 16 Mars 2006

Ait Amrane Mohand u  IDIR

Militant nationaliste algérien, né à Tikidount ( Ouacif- TIZIOUZOU), en 1924. Il appartient au groupe de jeunes Algériens du lycée de Ben-Aknoun ( Alger) qui à partir de 1945, ont essayé d’intégrer la dimension berbère dans la revendication nationaliste. Sa première sensibilisation politique s’est produite dans les années 1941-42 dans le cadre des scouts musulmans algériens, contrôlés par le mouvement national. Ait-Amrane ne semble pas être intervenu directement dans la « crise berbériste » de 1948-49 qui secoua le PPA-MTLD et se solda par l’exclusion des berbéristes. Mais il a joué un rôle décisif dans la production de chants nationalistes en langue berbère.

Il a composé, entre 1945 et 1954, au moins une quinzaine de chants engagés, de marche ou de groupe, dans lesquels la référence à la langue et à la culture berbères est fortement présente. On citera parmi les plus connus ( et encore bien vivants) :

·    Kker a mmi-s umazigh ! «  Debout fils d'Amazigh ! » ( 1945) ;

·    ghuri yiwen umeddakel ( 1947) «  J’avais un camarade » ( adaptation d’un poème allemand de Uhland, en hommage à Laïmeche Ali qui venait de mourir) ;

·    tigerghlanit « l’internationale » (adaptation kabyle).

 Cette production « berbèro-nationaliste », à laquelle Ait Amrane a fortement contribué, marque le début des efforts d’aménagement linguistique axés sur la recherche de systèmes de notation usuels et surtout sur l’enrichissement et la modernisation du lexique. C’est de cette époque que datent les premiers néologismes sociopolitiques berbères ( amazigh-tilelli,…). Ait Amrane participera activement à cette entreprise dans laquelle des kabyles iront puiser en touareg, en mozabite ou en chleuh des unités lexicales ou créeront des formes nouvelles à partir des matériaux kabyles.[…]

Ait Amrane est arrêté et emprisonné de 1956 à 1958. A sa libération, il prépare une LICENCE d'ARABE qu’il achève en 1961. Il est député à la première Assemblée nationale algérienne (1963-1964), préfet d’El-Asnam (Actuel Chlef) en 1964-1965, puis il entame une carrière dans l’Education nationale de 1965 jusqu’à son départ à la retraite en 1986, en tant qu’inspecteur d’académie (directeur de l’Education d’une wilaya).

Pendant sa période d’exercice en tant que haut fonctionnaire de l’Algérie indépendante (1962-1986), il restera d’une grande discrétion quant à ses amours berbèrisantes de jeunesse. Ce n’est qu’après son départ à la retraite qu’il renouera avec ses premières passions et publiera différents témoignages sur la période 1940-50 et des documents qui présentent ses conceptions en matière de langue berbère.

Alliant à la perfection engagement nationaliste, amour pour la langue berbère, formation arabisante et long service de l’état, il représentait sans doute le profil idéal pour les autorités algériennes ; c’est certainement ce qui lui a valu d’être désigné à la tête du Haut Commissariat à l’Amazighité ( HCA) en mai 1995, institution placée auprès de la présidence de la république algérienne.

Ait Amrane a publié lui-même son témoignage sur la période de 1945-51 ainsi que ses textes dans deux opuscules :

·    Mémoire. Au lycée de Ben Aknoun, 1945 ( Ekker amm-is umazigh), Alger,s.d.[1992] ;

·    Inachidn oumennough. Chansson de combat, 1945-1951. L’éveil de la conscience identitaire, alger,s.d.[1993] ;

Il a également publié deux petits livres de planification linguistique :

·    Ils amazigh atrar- La langue berbère moderne, Alger, 1992,63p.

·    Pour la rennaissance et le développement de tamazight- Asidder d Wesgam n tmazight, Alger,1997.

[S.CHAKER]

 

23 Janvier 1945 :

Mohand Idir Ait Amrane, étudiant au lycée de Ben-Aknoun, compose le premier chant patriotique en berbère moderne, intitulé "Ekker a mmis umazigh" (debout fils d'Amazigh). Le compositeur y évoque les illustres fondateurs de la nation algérienne : Massinissa, Jugurtha, Kahina, et Messali. Il termine son chant par un appel à la jeunesse en vue du combat pour la libération de l'Algérie. Ce chant, considéré à l'époque comme hymne, connaîtra un léger mais très significatif remaniement en 1949, suite à la crise dite berbériste. Son auteur y éliminera le nom de Messali.

 

Kker a mmi-s umazigh !

 

 

Kker a mmi-s umazigh !
I tij nnegh yuli-d,
Atas ayag' ur -t-zrigh,
A gma nnuba nnegh tzzid.
 
A zzel an-as i Masinisa :
T amurt is tukwi-d ass a,
Win ur nebghi ad iqeddem,
Argaz ssegnegh yif izem. 
 
In-as, in-as i-Yugurta :

         Arraw-is ur-t-ttunn-ara,

           Ttar ines d-a-t-id-rren,

Ism-is a-t-id-sekfen.
 
I Lkahina Icawiyen
A tin is ddan irgazen
I n-as ddin igh-d-gga
Di laâmer ur-ten-tett'ara.
 
S umeslay nnegh annili,
Azekka ad yif idelli,
Tamazight atgem atternu,
D asalas bwemteddu.
 
Seg durar id tekka tighri,
S amennugh nebda tikli,
Tura,tur'ulac akukru,
Annerrez wala anneknu.
 
Tamurt L-Lezzayer aâzizen
Fellam annefk idammen,
Igenni-m yeffegh-it usigna
Itij-im d lhuriya.
 
A lbaz n tiggureg yufgen,
Siwd sslam i watmaten,
Si terga Zeggwaght ar Siwa,
D-asif idammen a tarwa.

 

         Debout fils d'Amazigh !

Debout fils d'Amazigh !

Notre soleil s'est levé,
Il y a longtemps que que je ne l'avais vu,
Frère, notre tour est arrivé.
Cours dire à Massinissa :
Que son pays est aujourd'hui réveillé,
Quant à celui qui ne veut pas avancer,
Qu'un seul de nous vaut plus qu'un lion.
Dis, dis à Yugurtha :
Que ses enfants ne l'ont pas oublié,
Qu'ils le vengeront, 

           Qu'ils deterreront son nom.

          

         A la Kahina des Chaouis

           Qui a guidé les hommes,

Dis :"le pacte qu'elle nous a laissé,
Jamais nous ne l'oublierons.
Nous vivrons avec notre langue,
Demain sera meilleur qu'hier,
Le berbère croîtra et prospérera,
C'est le pilier du progrès,. 
 
Des monts est venu l'appel,
Nous sommes partis pour le combat.
Maintenant, maintenant plus d'hésitation,
Nous briserons mais nous ne plierons pas.
Algérie bien aimée,
Pour toi, nous verserons notre sang,
Ton ciel s'est éclairé,
au soleil de la liberté.
Ô faucon, volant en liberté,
Salue bien nos frères.
De Rio de Oro à Siwa,
Enfants, le même sang nous unit
 
 
publié par Hassane AMRANE dans: Culture
Vendredi 20 Janvier 2006

Tournoi de football

Les jeunes du village de Tahachat de la commune d’Aït Toudert organisent, ces jours-ci, un tournoi de football auquel participeront plusieurs équipes de la localité. D’autres équipes de la commune d’Aït Boumahdi et des Ouacifs prennent également part à cette compétition. Une cotisation de 200 DA est la contribution de chaque joueur. « Ce tournoi est une occasion pour nous les jeunes de nous connaître et de mieux occuper notre temps pour oublier, l’espace d’un moment, notre triste quotidien, surtout en cette période d’été », nous déclare un jeune participant. En effet, les jeunes de cette région veulent oublier le dur quotidien l’espace d’une compétition amicale et rompre avec l’oisiveté en se consacrant au sport. Le tournoi prendra fin dans une semaine et un autre sera aussitôt organisé par les jeunes du village d’Iguer AdlouneLyés G.

 

 

publié par Hassane AMRANE dans: Culture
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