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Mercredi 27 Septembre 2006
Il a plusieurs récitals au programme de ce mois de Ramadhan

Bonne et rassurante nouvelle pour les fans et les amis d’El Hasnaoui Amechetouh. L’artiste, très malade ces derniers temps, va désormais mieux. Beaucoup mieux même, puisqu’il a retrouvé son domicile après un séjour dans un établissement de santé. "Ca fait vraiment plaisir qu’on cherche après moi. Oui je vais bien mais je suis toujours sous     traitement à la maison. Mais vu l’état dont lequel j’étais, aujourd’hui, ça s’est nettement amélioré, je ne suis plus troublé, j’ai bien repris, d’ailleurs mon nouveau CD est sorti dernièrement chez les éditions Akbou, et j’ai pas mal de concerts au programme pour ce mois de Ramadhan. Je me réjouis car je sens vraiment à nouveau l’envie de chanter de composer, d’aller au contact de l’autre. Cela fait longtemps que je n’avais pas ressenti cette envie. Je reviens de loin mais je peux dire que ça va maintenant. J’ai même des concerts à animer durant ce mois de Ramadhan. Ça sera le 28 au Palais de la culture, le 9 octobre à Annaba, le 28 au TNA, et d’autres encore", nous confiait avant-hier l’artiste au téléphone. Le nouvel album d’El Hasnaoui Amechtouh est effectivement en vente depuis quelques semaines. Il est intitulé Anekar El Khir et comprend deux hommages, le premier au grand maître, le regretté El Hasnaoui, et le second à feu Matoub Lounes. Le reste des titres est un ensemble de chansons engagées. L’artiste dit son désarroi et les malheurs qu’il subit devant l’indifférence de ceux desquels il attendait ne serait-ce qu’une petite considération, un soutien pour surmonter ce qu’il a et endure toujours. L’artiste doit-on le rappeler a été victime d’une dépression depuis que son foyer a été "visité", et son affaire brûlée lors des années de braise du terrorisme. D.C

 

publié par Hassane AMRANE dans: Culture
Mardi 20 Juin 2006
Tahar Ould Amar est originaire  des Ouacifs. Il est né en 1961 à sidi Aïssa, dans la wilaya de M’sila et vit à Aïn Bessem (Bouira). Ancien professeur de français, puis de tamazight, il a exercé comme journaliste à l’Hebdo n’Tmurt et travaille actuellement à La Dépêche de Kabylie
 
 
Parution/‘’Bururu’’, un roman de Tahar Ould Amar
 

jusqu’à présent l’écriture en tamazight est dominée par la poésie. Cette ‘’hégémonie’’  s’explique en grande partie par la présence d’une tradition orale très riche en la matière et qui permet un prolongement presque naturel par le support de l’écrit. Depuis les grands travaux de recherche entrepris par  Boulifa, Feraoun et Mammeri sur la poésie kabyle du 18e et du 19e siècles, des dizaines de recueils du cru ont vu le jour, en plus du domaine de la chanson qui perpétue une vieille tradition d’aèdes et de bardes.

Il est probable que ce que le lectorat kabylophone attendait depuis longtemps des auteurs écrivant en kabyle est en train de se réaliser sous nos yeux sans tambour ni trompette, dans la plus grande sérénité, en dégageant peu à peu le style usité jusque-là du mimétisme désuet et des ornières des sentiers battus. C’est, en tout cas, le sentiment réel qui se dégage de la lecture du dernier roman que vient de publier Tahar Ould Amar aux éditions Azur de Béjaïa sous le titre ‘’Bururu, Ur teqqim ur tengir’’.
Il faut dire que jusqu’à présent l’écriture en tamazight est dominée par la poésie. Cette ‘’hégémonie’’  s’explique en grande partie par la présence d’une tradition orale très riche en la matière et qui permet un prolongement presque naturel par le support de l’écrit. Depuis les grands travaux de recherche entrepris par  Boulifa, Feraoun et Mammeri sur la poésie kabyle du 18e et du 19e siècles, des dizaines de recueils du cru ont vu le jour, en plus du domaine de la chanson qui perpétue une vieille tradition d’aèdes et de bardes.
Quant à la prose écrite en kabyle, notre société n’a hérité véritablement que des ‘’Cahiers de Bélaïd’’ écrits par Bélaïd Aït Ali au milieu du 20e siècle. Les autres textes sont généralement des brochures ou des études réalisées par les Pères Blancs dans le cadre des ‘’Fichiers berbères’’ de Fort-National.
Au lendemain du Printemps berbère de 1980, même s’il s’agissait d’activer dans la clandestinité et sans possibilité de se faire éditer en dehors des milieux de l’émigration en France, des tentatives réussies ont eu lieu en matière d’écriture de la prose. Les exemples les plus connus sont ‘’Faffa’’ de Rachid Alliche et ‘’Askuti’’ de Saïd Sadi. Par la suite, et au vu des nouvelles conditions créées par l’avancée de la revendication berbère, des dizaines de livres ont vu le jour dans cette langue.
En matière de prose et de style narratif, le kabyle n’a pas beaucoup évolué ; du moins, il n’a pas fait le saut qualitatif qui  doit le faire passer du statut de langue parlée à celui de langue écrite. Le volume réduit des écrits et la non utilisation par l’école- du moins jusqu’à un passé récent- de cette langue dans ses manifestations et exercices pédagogiques les plus courants n’ont pas permis l’ ‘’installation’’ d’un style de narration, de dialogue, ni même d’un lexique qui puissent asseoir les règles générales d’écriture admises de tout les acteurs.
C’est pourquoi, certains textes de prose ou certaines traduction de romans à partir des autres langues en kabyle échappent rarement à des mimétismes de style, qui rendent le texte quelque peu étranger à la logique structural du kabyle, et à la tendance à un excès de néologismes qui, non seulement rend le texte difficile d’accès mais lui enlève aussi la ‘’magie’’ de la création qui ne peut réellement se faire qu’avec les mots et les sonorités qui nous habitent depuis la tendre enfance.
Sur ce plan, le texte que Tahar Ould Amar propose au lecteur est dépouillé de toutes ces lourdeurs. En matière de néologisme, l’auteur s’est contenté de six ou sept substantifs ou adverbes qui ne font aucunement entorse à l’harmonie esthétique de l’ensemble. C’est une prose écrite avec la langue de tous les jours, ‘’taqbaylit timserrehet’’ comme aime à l’appeler Tahar. "J’ai eu même à faire un petit test sur la compréhension et la logique du texte en me mettant à lire à ma mère certains paragraphes ou phrases. Lorsque je sens qu’elle ne comprend pas, j’en déduis que la structure ou la syntaxe de la phrase est à côté", nous dit Tahar. N’ayant pas été formée dans une autre langue, une vieille kabyle n’a de logique linguistique que celle de sa langue maternelle. Car, le risque de transposer dans l’écrit en kabyle des formes et des tournures empruntées aux autres langues est bien réel. Ce n’est évidemment pas un travers en soi. L’évolution de la langue, à partir d’une pratique étendue et réalisée sur les supports modernes du savoir et de la culture, peut bien entraîner l’adoption et l’assimilation de certaines formes ou structures étrangères. Mais dans l’état actuel de la création littéraire en kabyle, le lecteur est d’abord sensible à la langue et au style qui font sa quotidienneté.
Sur le plan de la thématique abordé, le lecteur est également intéressé par ce qui se passe autour de lui, une actualité faite de problèmes, d’angoisses, de luttes et d’espoirs. Pourquoi confiner l’écriture en kabyle dans l’exaltation du passé et la glorification du patrimoine ? N’est-ce- pas-là une belle façon de réduire ses horizons et d’en faire une simple ‘’relique ethnographique’’ qui n’intéressera que les épris d’exotisme de pacotille ?
C’est le massage contraire que nous envoie Tahar Ould Amar à travers ‘’Bururu’’. En abordant un chapitre douloureux du passé récent du pays, et où la Kabylie est située dans un lointain arrière-plan, l’auteur de ‘’Bururu’’ nous démontre que la langue kabyle, et par conséquent le roman écrit dans cette langue, peut- et doit- exprimer les actes de la vie quotidienne. Aucune situation, et a fortiori celle qui met en évidence la condition humaine, ne doit lui être étrangère.

Déréliction humaine et triomphe de la vie
Là où le lecteur s’attendrait- avec un certain esprit de légitime curiosité- à un exercice sur la langue pour savoir comment le nouvel ouvrage prend en charge toutes les questions liées à l’expression et au style, il se retrouvera complètement happé par le rythme du texte, le déluge d’images, l’agencement des séquences, le sens du détail et l’atmosphère des sensations et des émotions. On finit par oublier que le texte est écrit dans une langue ‘’nouvelle’’ qui aurait pu poser des problèmes ou, du moins, qui aurait pu malmener alourdir la cohérence de la lecture par les ‘’petites ‘’ questions. Rien de tout cela avec ‘’Bururu’’, et cela grâce aux deux atouts majeurs que l’auteur a pu faire jouer ici : un choix judicieux de la langue de narration et le fait qu’il a abordé un thème jusqu’ici à peine défloré par la littérature algérienne, la décennie sanglante du terrorisme islamiste. Ce sujet, Tahar Ould Amar l’a abordé avec le courage et l’ardeur que réclame toute situation originale, celle d’un terrain encore en friche. Souvenons-nous qu’à la fin de la guerre de Libération nationale, un seul roman a pu émerger de la masse d’écrits portant sur cet épisode douloureux  de l’histoire d’Algérie; il s’agit de ‘’L’Opium et le bâton’’ de Mouloud Mammeri. Pour éviter de tomber dans les clichés, dans le style stéréotypé ou manichéen où il n’y aurait que les bons et les méchants, les combattants et les traîtres, la création littéraire doit les transcender pour exprimer la condition humaine dans toute son étendue et dans toutes ses nuances. Que cela soit aujourd’hui fait en kabyle, est un pas de géant pour cette littérature et cette langue.
Dans le fonds, la sensibilité, l’esprit de détail et la personnalité de l’auteur ont complètement joué dans la réussite de cette entreprise, et cela abstraction faite du thème abordé et de la langue utilisée.
Le personnage principal, Moh, a eu un destin chaotique, rocambolesque même, dans cette Algérie du milieu des années 1990. Sa relation avec Dounya ne pouvait pas aller plus loin, différence de statut social oblige. Sans véritables repères, il se retrouvera dans certains pays d’Europe où son parcours lui fera connaître des ‘’fous de Dieu’’, venus d’Algérie, qui essayeront de l’endoctriner et de l’acquérir à la cause islamiste. Il jouera le jeu. Le lecteur a parfois la nette impression que Moh est définitivement perdu. Il sera envoyé en Algérie pour rejoindre les ‘’frères’’ à Zbarbar. Là, il vivra des moments d’une indicible horreur avec les nouveaux troglodytes et leurs émirs. L’image de Dounya le hantera partout. Il finira par ‘’prendre option’’ pour la ‘’veuve’’ de l’émir, une certaine Dalila à qui, miraculeusement, il insufflera espoir après qu’elle fut considérée comme moins qu’un être humain. Mourad, un autre prisonnier de la logique terroriste et qui ignore ses propres origines (n’ayant pas connu qui était sa mère), fera, in fine, compagnie avec Nadia, une autre femme capturée par le groupe terroriste et qui vivait avec eux dans la grotte.
En dehors de quelques épisodes trop resserrés dans le temps pour comprendre leur déroulement, Tahar Ould Amar a réussi ici à tisser sa trame dans la grande tragédie algérienne dont les conséquences et les traces ne cessent de nous hanter encore aujourd’hui. Ce n’est pas une tâche facile que de traiter cette période de l’histoire récente du pays avec détachement et recul. Le mérite de l’auteur réside aussi dans la subtilité de la description, le sens du détail et la cohérence imprimé à la narration. Jusqu’aux dernières pages, Moh traînera avec lui l’image obsédante et mythique de Dounya, le souvenir de sa demeure à la ‘’Siti’’ (deux chambres et un balcon) et l’atmosphère enivrante de cette même ‘’Siti’’.
Par endroits, Ould Amar n’a pas hésité à user de son style mi-humoristique mi-ironique qu’on lui connaît dans ces articles de presse (L’Hedo n’Tmurt, La Dépêche de Kabylie et ailleurs). Mais, juste la ‘’dose’’ qu’il faut pour agrémenter le texte.
A sept pages avant la fin du volume, on rencontre un brin de dialogue philosophique engagé à propos de la divinité en relation avec la présence du mal. L’on ne peut pas s’empêcher de penser au dialogue du même genre imposé par Mokrane dès les premières pages du ‘’Sommeil du juste’’ de Mammeri. Comme quoi, la société traînera indéfiniment le boulet du questionnement métaphyse y compris- et sans doute surtout- dans les moments les plus noirs de son histoire.
Le texte de Tahar ould Amar est écrit dans la langue de la vérité, celle qui, dans l’oeucuménisme des angoisses à exorciser, de l’absurdité à apprivoiser et du sentiment de vie à exalter, devient intelligible à tous les hommes écrasés par un destin adverse et acculés dans leurs derniers retranchements pour enfin héler l’amour, consacrer la vie et sceller la communion.
Tahar Ould Amar est originaire  des Ouacifs. Il est né en 1961 à sidi Aïssa, dans la wilaya de M’sila et vit à Aïn Bessem (Bouira). Ancien professeur de français, puis de tamazight, il a exercé comme journaliste à l’Hebdo n’Tmurt et travaille actuellement à La Dépêche de Kabylie. Amar Naït Messaoud

‘’Bururu’’,
Roman de Tahar Ould Amar
Editions Azur-2006

 

publié par Hassane AMRANE dans: Culture
Samedi 17 Juin 2006
“FUSIONS”, SON SECOND ALBUM, VIENT DE SORTIR
Djamel Kaloun ou la nouvelle étoile de la chanson kabyle

Interview

Avec son second opus intitulé Fusions, Djamal Kaloun s'inscrit en porte-à-faux de ce qui caractérise ces derniers temps, le moins que l'on puisse dire, comme médiocrité, la chanson kabyle. Et ce n'est du tout pas risqué que d’affirmer que ce jeune porte les graines d'une nouvelle étoile de la chanson kabyle, car ce serait contrarier le maître Chérif Kheddam qui l’a fortement apprécié. Ci-dessous les répliques du concerné à nos questions l’espace d'une entrevue chez lui, à Ouacifs.

Le Soir D’Algérie : Un second album cinq ans après le premier, pouvez-vous nous expliquer pourquoi tout ce temps que d’aucuns jugent excessif ?
Diamal Kaloun :
Je m'attendais à cette question à laquelle je réponds tout de go en disant que je ne gère nullement une carrière sportive, je m'en fous de la notion du temps. Je ne peux quand même pas m'imposer l'inspiration que nul ne peut prétendre maîtriser. Je me demande souvent comment les autres arrivent à sortir un album ou deux par an. Je vais peut-être paraître prétentieux aux yeux de beaucoup, en disant que je suis de ceux qui font l'art pour l'art. Je suis un adepte de la perfection quoique cette dernière soit exclusivement du domaine divin.

Il doit y avoir tout de même des raisons exogènes à votre conception par ailleurs noble de l'art car vous conviendrez volontiers que cinq ans, c’est assez long, non ?

Absolument pas. Vous devez savoir que mon premier souci était de faire beaucoup mieux que le premier album. Sachez que j’ai dû reprendre à zéro les enregistrements de ce deuxième opus que j’ai presque achevés au courant de l'année 2002. La raison ? Et bien, tout simplement à cause d'un différend avec le propriétaire du studio d'enregistrement au sujet d'un guitariste que j'ai ramené et dont lui ne voulait pas. Ensuite, fallait-il d'abord faire le choix parmi les nombreuses compositions que j'avais sous la main, surtout que le plus souvent, ce sont les airs et les mélodies qui sont les premières à s'inviter avant que je n'adapte, pour chacune d'elles, le texte adéquat. Par la suite, fallait-il étudier les instruments nécessaires et associer presque sans discontinuité mes paroliers et autres connaisseurs de la musique dont je tiens compte de la moindre remarque fondée. Vous conviendrez que tout cela prend suffisamment de temps que je ne sens pas passer du fait justement que je n'y accorde pas d'importance. Enfin, sachez que cette assez longue période m'a permis de peaufiner plus qu'un seul opus puisque un autre est en gestation.

Le sort réservé à votre premier album n'y est pas pour quelque chose ?

Relativement puisque en dépit que l'éditeur n'a pas fait l'effort nécessaire pour une meilleure diffusion de l'album alors que, de l'avis de nombre de disquaires, il était fortement sollicité. Il est vrai que mes passages assez réguliers sur les ondes des chaînes II, El-Bahdja de la Radio nationale et la radio Soummam, de la Berbère TV et de l’ENTV ont été pour beaucoup dans cette aura précoce, surtout le tube Id n cetwa ou Nuit d’hiver, plus populaire que moi d'autant plus que pas mal d'auditeurs pensaient que le tube était à Idir.
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi le titre “Fusions” ?
Pour plusieurs raisons. D'abord, par le fait que les sept chansons de l’album sont d'horizons musicaux différents puisque le gnawi, le celte, le reggæ, l'andalou et le folklore kabyle s'y côtoient allègrement. Ce métissage relève d'un choix pour moi qui m'inscrit dans la World Music ou les musiques ethniques tout en restant nous-mêmes. C'est aussi un message de paix entre tous les peuples. L'album est aussi, sur le plan thématique, un cocktail puisque traitant de la paix, de la fraternité, de l'amour, la joie de vivre...

De la tristesse aussi de voir dévoyé le combat libérateur du pays du joug colonial dans la chanson A Yemma...
C'est l’épitaphe portée au bas du listing des martyrs figurant sur la plaque commémorative du monument de mon village qui m'a inspiré. Un poème que j'ai repris d’ailleurs à la fin de la chanson à multiples messages. D'abord de patriotisme, celui délivré par un maquisard en réponse aux supplications de sa mère, le fils préférant l'amour de la mère-patrie à celui de la mère biologique. Ensuite celui de la mère qui est la seule à ne pas oublier le sacrifice de son fils. A l'épilogue, je n'ai pu m'empêcher de reprendre donc l'épitaphe suscitée pour étayer, on ne peut mieux, la dévotion de notre glorieuse guerre de Libération nationale.
Le titre ne se révèle-t-il pas aussi dans les divers horizons poétiques d'où vous avez puisé ?
Je ne vous démentirai pas. Effectivement, comme tout le monde peut le remarquer sur la jaquette aussi bien du CD que de la cassette, les textes sont d'une multitude de poètes de chez nous à l'image de Hocine Kaouane, Mohammed Loufar, Youssef Lachemot, Slimane Belharet et Mourad Rahmane, des poètes confirmés dont les sources d'inspiration, comme vous le dites si bien, diffèrent. Je n'exagérerai nullement en vous confiant que mon village Agouni-Fourrou en particulier et ma région Ouacifs en général, sont deux gisements inépuisables de la poésie kabyle.
Un mot sur la chanson kabyle…

Je ne commettrai pas l'impair de dire qu'elle en régression comme le proclame plus d’un. Je ne me gênerai pas par contre d'affirmer que les phénomènes des reprises, de la robotique et du non-stop qui polluent notre chanson ne tarderont pas à montrer leurs limites pour peu que nos vrais artistes se mettent de la partie. Pour ma part, je suis plus que convaincu que la chanson kabyle retrouvera tout prochainement son lustre d’antan.

Vous avez été de l’hommage rendu dernièrement par la radio à Chérif Kheddam...
Que puis-je vous en dire, ce fut tout simplement un événement mémorable. Jamais je n’ai été ému comme je l'ai été surtout quand je fus convié à interpréter le premier une chanson de notre maître et quand, à la fin, en compagnie d'illustres artistes comme Aït- Menguellat, Takfarinas, Si-Moh, Hassène Abbssi et les autres, nous reprenions en chœur le fameux tube Achal d abrid i yesligh. J’avais la chair de poule, n'arrivant pas à croire que je puisse être de ce plateau royal.
On croit savoir que le défunt chanteur moderne Samir, qui a chanté en duo avec Karima dans les années 1970, est un proche...
Effectivement puisqu'il s'agit d'un oncle à moi emporté par une maladie à la fleur de l'âge. C'était grâce à lui que je découvris la musique moderne et à un âge précoce. Après sa mort subite, les Idir, Ferhat, Djamal Allam et les autres ont fait le reste. Ces derniers en compagnie de Gnawa-Diffiusion, de Sidi- Bémol et de Raïna-Ray sont mes repères, musicalement parlant.

Ultime question, si vous le voulez bien, quand vous verra-t-on en public ?

Il est vrai que jusqu'à présent, je ne me suis produit qu'à des occasions bien précises. Mais je compte faire la promotion de mes deux produits tout prochainement par le biais d'une tournée à travers le pays. Il est fort probable que je fasse de même en France puisque mon dernier album y sera édité très bientôt.
 Entretien réalisé par Tafat K

 

 

 

“FUSIONS”, LE NOUVEL ALBUM DE DJAMEL KALOUN
Maîtrise et spontanéité


Encore inconnu (ou presque) dans nos contrées, il n’ y a pas si longtemps, Djamel Kaloun, très cosmopolite dans son style, revient en force avec Fusions, un nouvel opus, le deuxième de sa jeune carrière, qui se veut une thérapie, une drogue très douce pour les oreilles. Une brise fraîche souffle sur la chanson kabyle, Djamel Kaloun est certainement cette nouvelle voix dont on ne veut plus se passer, très vite familière. Un gars qui visiblement a le goût pour le boulot bien ficelé.
Tout au long de ces Fusions, Djamel Kaloun chante sur des arrangements discrets, parfois ses morceaux sont rythmés par des béats électro, rudimentaires. Artiste solo et touche à tout, kaloun revient donc le bondissant Fusions où les chansons sautillent de genre en genre. On y trouve du kabyle du terroir, du marocain, du gnaoui, du reggae, de la country et des notes R’n’B. les influences (avouées) de ce jeune chanteur d’Aït-Toudert (Ouacifs) vont d’Idir, Djamel Allam, Menad, Paul Simon en passant, l’anticonformisme oblige, par Renaud. Sa musique va ainsi dans tous les sons. Ambiance de fête foraine sur Arrac ou Serrht-as ad tecdeh, plus glaçant sur llit llit yidi et plus targui ou western dans Talwit.
Avec ce nouvel album de Kaloun, sa voix claire ou rocailleuse, sa musique répétitive et cérébrale, à la fois radieuse et mélodieuse, la chanson d’expression kabyle fait dans le grand saut.
J-L-Hassani

 

publié par Hassane AMRANE dans: Culture
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