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Mercredi 17 Mai 2006

Belkacem Hadjadj dans « Machaho »

Né en 1950 à Alger, d'origine des ouacifs  Belkacem Hadjadj vit à Bruxelles depuis de nombreuses années. Après avoir étudié le cinéma à l’INSAS, d’où il est sorti diplômé en 1977, il a travaillé pour la Radio Télévision belge (RTB) jusqu’en 1978 et pour la Radio Télévision algérienne (RTA), entre 1978 et 1987. Entre 1985 et 1991, il a enseigné le Cinéma à l’Institut National des Sciences de l’Information et de la Communication (INSIC) d’Alger.

Filmographie : un premier court métrage, « La Goutte » (1982), trois téléfilms : « Le Bouchon » (1980), « Bouziane-el-Kalaï » (1983), « el-Khamsa » (1988)
Premier long métrage de fiction : « Machaho » (1995), documentaires : « L’Arc-en-ciel éclaté » (1998) et « Une femme taxi à Sidi Bel Abbès » (2000). « El Manara » fut sélectionné en compétition officielle au Festival de Carthage 2004 et au Fespaco 2005.

 

Belkacem Hadjadj
Né en 1950, Belkacem Hadjadj fait des études supérieures à l’INSAS, en Belgique, puis travaille pour la radio-télévision algérienne, où il réalise Le bouchon (1980). Dans sa filmographie figurent également un court métrage, La goutte (1982), deux longs métrages, Bouziane el-kalai (1983) et Djillali Gataa (1984), et une série de cinq courts intitulé El Khamssa, Le voisin, Les ciseaux, La sortie, l’Américain et L’amende. Par la suite, il réalise un documentaire vidéo, La sebeiba (1992), puis Machaho (1995). Tourné en berbère, ce dernier conte l’histoire d’un paysan kabyle qui recueille et soigne un jeune étranger mourant sous la neige. Tourné en 1998, L’Arc en ciel étoilé est un documentaire entrepris avec le concours d’un psychiatre et d’un plasticien, où le réalisateur se penche sur le travail de deuil d’enfants victime du terrorisme.

  

Belkacem Hadjadj face au public  

A une question sur le rôle du cinéma dans l’éveil de la conscience populaire, le réalisateur déclare “que le monopole de l’Etat sur le secteur n’a pas permis de réaliser grand-chose”, il cite comme exemple les films “Tahya Ya Didou et Omar Guetlatou”, “qui  ont traité les vrais problèmes de la société algérienne et qui ont eu des succès énormes”.

 Dans son deuxième numéro, la rencontre mensuelle “Parole aux artistes” a été consacrée au septième art avec comme invité du mois Belkacem Hadjadj, réalisateur et producteur dans le domaine. Devant une salle comble d’invités, d’artistes, de jeunes et des amateurs du cinéma et à travers un débat très fructueux et enrichissant, qui a duré plus de trois heures, M. Hadjadj a touché pratiquement à tout ce qui a trait de près ou de loin au cinéma : de la production cinématographique, de sa propre expérience, du cinéma algérien, etc.
A une question sur le rôle du cinéma dans l’éveil de la conscience populaire, le réalisateur déclare “que le monopole de l’Etat sur le secteur n’a pas permis de réaliser grand-chose”, il cite comme exemple les films “Tahya Ya Didou et Omar Guetlatou”, “qui  ont traité les vrais problèmes de la société algérienne et qui ont eu des succès énormes”. A propos du cinéma et l’école, il plaide pour l’intégration du cinéma dans le système éducatif, il déplore “qu’aujourd’hui, il y ait des jeunes de 20 ans qui n’ont pas vu un film dans une salle”.
Entouré en cette occasion par deux acteurs du film “Machahou”, duquel il retient “cette belle et riche expérience, à partir du moment où ce film est l’un des premiers en langue amazigh et qu’il a été réalisé dans une conjoncture très difficile”.
Belkacem Hadjadj a répondu aussi à plusieurs questions avec franchise et sans détours, notamment sur ses dernières productions, “El Manara” et les séries de caméras cachées, “Tant qu’on ne peut pas produire cent, voire deux cent films par an, on ne peut parler d’un cinéma algérien”, cela, “nécessitera beaucoup de moyens de la part de l’Etat, qui doit financer la production cinématrographique”, dit-il. Il préconise aussi l’ouverture des écoles spécialisées pour assurer la relève. Quant à ses futurs projets, il annonce un feuilleton qui sera réalisé en tamazight, arabe et français.
A rappeler, enfin, que cette rencontre est la deuxième du genre, le premier numéro a accueilli le chanteur Si Muh. Cette rencontre  organisée par la maison de la Culture et animée par Slimane Belharet, promet encore “d’autres surprises”.

Belkacem Hadjadj
l Je suis agréablement surpris aujourd’hui par la qualité et la richesse de cette rencontre de part le public présent, l’organisation, le débat et l’animateur. Je suis très content, franchement, je ne m’attendais pas à ça ! 

Salem Ait Ali Belkacem , communément appelé Muhend u salem,(Mon ami), acteur dans plusieurs films et aussi le rôle de Oussalas dans le film “Machahu”)
l Je suis impressionné et en même temps très honoré d’assister à ce rendez-vous aux côtés d’un homme courageux et d’une grande valeur qui est un pionnier dans le cinéma d’expression amazigh, pour moi Belkacem Hadjadj est au cinéma, ce qu’est Lounis Aït Menguellet à la chanson kabyle.

La Dépêche de Kabylie

 

 

 

publié par Hassane AMRANE dans: Culture
Samedi 06 Mai 2006
L’album “Fusions” de Djamel Kaloun sur le marché
Voyage à travers les contrées et les cultures

Après avoir tenté, en 2003, une expérience largement positive avec un premier produit qu’il avait intitulé “Nostalgie”, Djamel, mu par cette envie de répondre à l’attente des ses fans dont le nombre  va grandissant et surtout par ce désir de contribuer à faire de la culture amazighe , via la chanson, autre chose que du simple folklore, est passé à un niveau supérieur en produisant encore mieux.

Enfin, le nouvel album que son auteur, Djamel Kaloun, a intitulé “Fusions” est disponible sur le marché dès le début de la semaine dernière. Prévue pour la fin de l’année dernière, la sortie de ce produit a connu un certain retard dû à l’éternel problème des studios d’enregistrement et des maisons d’édition qui ne donnent pas la chance aux artistes en herbe d’extérioriser leur talent.
Pourtant, dès la disponibilité dudit album dans les étals, un certain engouement est déjà remarquable tant au niveau de Bouira que de Tizi Ouzou d’où le chanteur est originaire (il est né à Agouni fourou, dans la commune d’Ait Toudert). Il faut dire que la qualité de ses chansons ne peuvent laisser insensibles ceux qui les écoutent. Comme l’appétit vient en mangeant, l’appréciation s’accommode de l’écoute, cela va sans dire qu’à ce propos, écouter Djamel Kaloun est une réelle délectation. Après avoir tenté, en 2003, une expérience largement positive avec un premier produit qu’il avait intitulé “Nostalgie”, Djamel, mu par cette envie de répondre à l’attente des ses fans dont le nombre  va grandissant et surtout par ce désir de contribuer à faire de la culture amazighe , via la chanson, autre chose que du simple folklore, est passé à un niveau supérieur en produisant encore mieux. “Fusions” est là pour témoigner du sérieux et surtout du cœur que le fils d’Agouni Fourou a mis à l’ouvrage pour ne pas “se décevoir” et décevoir ses admirateurs La vois mélodieuse ajoutée à la qualité des musiques font que ce nouvel album le propulse d’un cran supplémentaire vers la cour des grands.
Sur le plan musical, Djamel est allé au delà des limites de son environnement immédiat, la Kabylie. Mariant à merveille, les styles musicaux, le Kabyle, le marocain, le gnaoui, le sahli, le reggae, le country music et le rap, le chanteur les a agrémentés de paroles, les siennes et celles des paroliers qu’il dit solliciter sans complexe, où la sagesse, la richesse et la force du verbe “zestent” la mélodie pour donner naissance à une œuvre conséquente.
La première chanson, Serrht-as ad tecdeh (laissez-là danser), est une des facettes de la chanson typiquement kabye où le rythme vous fait vibrer et vous donne l’envie de “descendre sur scène” pour danser et se défouler.
La deuxième, llit llit yidi (Soyez avec moi), s’inspirant de la célèbre chanson de Zerrouki Allaoua (L’haf nettut), est un jumelage des cultures afro-kabyle. Kaloun lance un appel aux jeunes, arrac, pour laisser libre cours à leur envie de chanter , de danser en profitant de cette vie éphémère.
Puis, il y a Ameddakeel-iw n zzman (Mon compagnon d’antan), sa troisième chanson, sur fond de musique marocaine, qui est également un message lancé où l’union et le rapprochement entre les peuples en est le thème principal.
Talwit, le bonheur, (4ème chanson), est exécutée avec brio. En pensant entendre s’entremêler le targui, la country music et le rap, d’aucuns s’imagineraient une quelconque “ indigestion” musicale. Cependant, la mixture concoctée par Djamel est d’une saveur et d’une fraîcheur qui leur feraient changer d’avis.
A yemma, (ô mère !), Ad ruhegh (je pars), tettef tacita (elle tient un rameau), ne dérogent pas à la règle établie par Kaloun Djamel. Toutes aussi agréables à écouter les unes que les autres, elles expriment la force du verbe, le rythme, et la mélodie. Ainsi, l’amour, la paix et la joie de vivre sont les thèmes privilégiés par Djamel.
L’excellent mariage de styles introduit dans ce deuxième album vous fait voyager à travers des contrées et vous dit une vérité déjà connue : la musique est universelle. La voix mélodieuse de Djamel a fait le reste. B. Mechoub

publié par Hassane AMRANE dans: Culture
Mercredi 26 Avril 2006
Les Ouacifs, en attendant des jours meilleurs
Les activités culturelles en désuétude


Déjà maigre de par le nombre limité d’associations, le tissu culturel aux Ouacifs est réduit dans une large proportion à une existence purement administrative, laissant le champ à seulement deux entités et à une Maison des jeunes très loin de sa principale mission de lieu de rayonnement culturel.

Et pour cause, l’inventaire en la matière qui fait ressortir à peine une demi-dizaine d’associations agréées et deux seulement encore en activité est suffisamment parlant. Un état chiffré des lieux qui illustre on ne peut clairement l’état de désuétude qui caractérise l’action culturelle de la région pourtant pionnière en la matière.
L’on est, en effet, nostalgique de la belle époque ayant suivi la brèche démocratique du début de la dernière décennie où les associations culturelles Tafsut n’Tamet du chef-lieu municipal d’Aït-Boumehdi et Asirem de Timeghras dans la même commune, les premières à voir vu le jour au niveau de la daïra des Ouacifs occupaient admirablement le terrain. Et c’est à juste titre d’ailleurs que la déception est immense chez leurs animateurs qui n’avaient pourtant comme secret de réussite que leur farouche volonté de servir bénévolement. Une volonté qui s’est heurtée au fil du temps à moult aléas dont notamment un aspect que l’on n’évoque que rarement et pourtant grandement à l’origine de l’essoufflement caractérisé du mouvement associatif dans sa globalité, celui lié à l’absence de relève. Les rares villageois universitaires de l’époque qui étaient à l’avant-garde n’ont pas trouvé à qui passer le témoin parmi les nouvelles générations principalement les étudiants censés être la locomotive, affirme dépité, un ancien animateur pour qui l’argument de manque de moyens et d’absence d’infrastructures brandi à chaque fois pour justifier ce recul ne tient pas à lui seul la route. C’est une dérobade et une argutie tout simplement car nous avons réalisé bien des choses en ayant absolument rien entre les mains, poursuit notre interlocuteur dont les tentatives d’entourer des jeunes pour leur faire admettre l’importance se sont avérées toutes vaines. Néanmoins, l’association Tafsut n’Tamet d’Ait-Boumehdi a signé de fort belle manière son come-back après un intermède de près de cinq années, en organisant et  admirablement, au courant de la saison estivale écoulée, la première édition d’un carrefour culturel qui se veut, selon son président, un rendez-vous annuel durant lequel nous présenterons nos activités courantes.
Notre interlocuteur parle de démarches entamées en vue de l’exploitation du nouveau centre culturel, achevé depuis un bon bout de temps mais fort malheureusement non opérationnel. Son souhait est que ses concitoyens de Timeghras mettent à profit à leur tour, la réception récente d’un superbe foyer de jeunes pour redynamiser leur association Assirem. Et jusque-là, l’activité culturelle au niveau de la daïra est presque l’apanage exclusif de Tarwa n’Kweryet, l’association culturelle d’Agouni-Fourrou, et à un degré moindre Assirem d’Ath-Aggad, de création beaucoup plus récente. La première s’est illustrée principalement par un rythme d’activité plus ou moins régulier avec, notamment, sa troupe théâtrale Ineznazen qui a collectionné bien des consécrations à l’occasion de joutes organisées ici et là, et son travail de mémoire entamé depuis cinq ans consistant en le retraçage du rôle joué par son village de domiciliation au cours de la glorieuse guerre de Libération nationale. Un travail initié sous le titre générique de lutte contre l’oubli et qui a déjà vu le monument érigé à la mémoire des
110 martyrs de ce hameau complètement restauré, le parcours de chacun de ces valeureux combattants retracé dans un portrait, la réalisation de deux documentaires vidéo, la collection d’un ensemble d’objets, entre autres, effets personnels des maquisards, balles, obus, retrouvés dans les méandres rocheux des montagnes de Kouriet surplombant le village par le sud. Ce travail a été couronné de deux distinctions, celle du troisième prix du concours du meilleur film documentaire et du premier prix de la meilleure exposition ayant trait à la guerre d’indépendance, initiés ces deux dernières années par la DJS (direction de wilaya de la jeunesse et des sports).
Côté maison des jeunes des Ouacifs, unique structure de la jeunesse fonctionnelle au niveau de la daïra, on est très loin d’incarner le rôle de lieu de rayonnement culturel et de loisirs dévolu à une structure du genre, et ce, indépendamment des efforts fournis par le directeur en poste depuis la réouverture de l’infrastructure après d‘intenses travaux de restauration.
Assirem K.

publié par Hassane AMRANE dans: Culture
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